Le chatbot : votre nouvel assistant juridique.

Avatar Clémentine Molinié
24 mai 2019

Les avancées de la Legal tech, terme faisant référence à l’usage de la technologie et de logiciels pour offrir des services juridiques, sont nombreuses depuis quelques années. Le chatbot commence à y trouver sa place. Les juristes, dans un premier temps méfiants face à ces technologies, commencent à distinguer leurs utilités potentielles, que ce soit pour eux ou pour leurs clients.


Le chatbot assistant juridique du client


Généralement ce type de chatbot est disponible sur la page d’accueil du site internet d’un cabinet d’avocats par exemple. Ainsi, les clients pourront y avoir facilement accès et obtenir tout aussi facilement des réponses aux questions qu’ils se posent.

Dans ce cas, le chatbot constitue un accès simple à une base de données juridiques. Le vocabulaire juridique n’étant pas évident pour tout le monde, le chatbot pourra renseigner l’utilisateur sur de nombreuses questions lexicales notamment. Il pourra aussi l’informer sur ses droits, sur la justice de façon générale.

Étant directement accessible sur le site du cabinet, il peut aussi guider le client jusqu’à une prise de rendez-vous simplifiée. Il pourra le renseigner sur les disponibilités et les spécialités des différents avocats et ainsi le conseiller sur le plus adapté à sa problématique.

Ce dispositif permettra de plus au cabinet de récolter des informations précieuses sur le client. Par exemple si les mêmes questions reviennent souvent sur le chatbot, cela signifie que l’information n’est pas assez visible sur le site internet.

Au delà de l’optimisation des dispositifs déjà présents, le chatbot pourra aussi constituer une fiche client en communiquant avec ce dernier. L’avocat aura alors déjà en sa possession les éléments principaux du litige quand il rencontrera le client. Par exemple pour une procédure de divorce, le chatbot peut demander à l’utilisateur des informations basiques comme : le nombre d’enfants, chez qui ils doivent aller vivre, si un divorce à l’amiable est envisageable, s’il y a eu abandon du domicile conjugal …

Un chatbot peut améliorer la relation client. Disponible tout le temps, il pourra orienter le client et lui donner une estimation du temps de réponse.

Un tel chatbot présente de nombreux avantages. Au delà des considérations opérationnelles comme la diminution du nombre d’appels, ce type de dispositif permet de rendre la justice plus démocratique. Accessible à tout le monde, sans conditions de revenu, les utilisateurs auront un moyen simple et plus rapide d’apporter plus de clarté à la justice.
 

Un chatbot pour assister les avocats


Un chatbot servant de base de connaissances juridiques sera effectivement utile aux clients, mais encore plus aux avocats. Trouver les articles de code, les directives, les règlements et les jurisprudences associées demande un long travail documentaire. Un chatbot pourra effectuer ces tâches plus efficacement et plus rapidement qu’un humain. Le chatbot répondra à des questions très simples et laissera les juristes se concentrer sur les tâches à plus forte valeur ajoutée.

Dans la même idée, des intelligences artificielles ont été créées comme Ross. Ross analyse dans de nombreux cabinets des milliers de documents sur les faillites d’entreprise. Un simple compte rendu sera remis à l’avocat. Kira quant à lui scanne des contrats et identifie les points pouvant poser problème.

Le chatbot pourra aussi être utile dans un aspect organisationnel. Il pourra gérer les agendas et les dossiers clients de façon autonome, en libérant ainsi du temps aux juristes.

De nombreux contrats ont une partie dite “standard”. C’est à dire qu’elle revient dans presque tous et ne changera que peu entre deux clients. Ces contrats peuvent donc être facilement automatisés par un robot. Au début de la vague de la legal tech, CaptainContrat a pu commencer à faire cela. Un chatbot pourra de la même façon vous permettre d’automatiser la création de contrats, à travers une conversation avec l’utilisateur. Il posera les questions nécessaires au client et pourra produire par la suite un document (PDF, Word, Excel …).

Un chatbot permettra aux avocats de se recentrer sur l’essentiel de leur métier : la stratégie et le conseil. Il leur apportera plus d’efficacité et plus de rapidité. Par exemple un chatbot pourra rédiger des mémos sur des questions de droit avec la jurisprudence associée en quelques minutes. Alors qu’un avocat débutant peut y passer plusieurs jours.

Conclusion


Ces dispositifs ne doivent pas effrayer. En effet un avocat sera toujours derrière pour vérifier le raisonnement et l’exactitude des données du chatbot. Plus le chatbot sera enrichi et utilisé, plus il pourra répondre à des questions complexes. C’est pour cela qu’il deviendra un acteur incontournable de la digitalisation de la justice.


Cette liste d’utilisations d’un chatbot juriste n’est bien évidemment pas exhaustive.


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